Les règles, un phénomène naturel et universel, sont encore trop souvent entourées de tabous, de mythes et de remarques blessantes. Chez Marguerite & Cie, nous œuvrons chaque jour pour briser ce silence et promouvoir une meilleure compréhension des règles. Cet article se propose de décrypter certaines des phrases les plus courantes et les plus problématiques que l’on peut entendre, et d’apporter des éléments de réponse pour faire avancer le débat.
Table des matières
- 1 Les remarques moqueuses et dérisoires
- 2
- 3 L’appel à la tradition ou au relativisme culturel
- 4 Les résistances institutionnelles ou logistiques
- 5 L’individualisation d’un problème collectif et la culpabilisation
- 6 Le “Whataboutism” et les fausses équivalences
- 7 En finir avec les préjugés : Vers une société plus juste et inclusive
- 8 C’est l’heure du quiz !
- 9 Pour aller plus loin sur le sujet des clichés autour des règles :
Les remarques moqueuses et dérisoires
Exemple 1 :

Cette remarque, souvent teintée de sarcasme, vise à minimiser la complexité de l’identité de genre et la réalité des douleurs menstruelles. Elle réduit l’arrêt menstruel à un simple « caprice » ou un « privilège » basé sur un « sentiment » passager, ignorant la souffrance réelle de nombreuses personnes menstruées.
Pourquoi c’est problématique ?
- Négation de la douleur : Elle nie la réalité des douleurs et des symptômes invalidants que certaines femmes peuvent ressentir, comme l’endométriose ou la dysménorrhée sévère.
- Invisibilisation des identités : Elle ignore que l’arrêt menstruel s’adresse à toute personne menstruée, indépendamment de son identité de genre (femmes cisgenres, hommes transgenres, personnes non-binaires).
- Stigmatisation : Elle contribue à la stigmatisation des règles et des personnes qui en souffrent, les forçant potentiellement à cacher leurs douleurs pour éviter d’être perçues comme des « profiteuses ».
Notre réponse :
L’arrêt menstruel n’est pas un privilège basé sur un « sentiment », mais une mesure de santé et d’égalité visant à soutenir les personnes qui souffrent de douleurs menstruelles incapacitantes. Les règles sont un processus biologique qui peut, pour certaines, s’accompagner de symptômes invalidants comme des douleurs intenses, des migraines ou encore des vomissements. L’arrêt menstruel permet à ces personnes de se reposer et de gérer leur douleur sans pénaliser leur parcours professionnel ou éducatif. Il s’adresse à toute personne menstruée, car ce qui compte, c’est la réalité physiologique et les besoins de santé, et non une identité de genre perçue. Reconnaître et adresser ces besoins, c’est avancer vers un environnement plus juste et inclusif.
Exemple 2 :

Ce commentaire utilise l’humour (souvent de mauvais goût) et l’exagération pour rendre les revendications légitimes (arrêt menstruel, gratuité des protections périodiques) ridicules et dénuées de sens. Il compare des phénomènes physiologiques normaux, des incidents mineurs ou des situations absurdes à des problèmes de santé ou des inégalités structurelles. L’objectif est de détourner le débat et de faire passer les défenseurs de ces causes pour des personnes excessives ou déraisonnables.
Pourquoi c’est problématique ?
- Négation de la réalité de la souffrance : Ce commentaire nie la réalité de la souffrance et des difficultés vécues par les personnes menstruées.
- Création d’un climat de dérision : Il crée un climat de dérision qui rend difficile une discussion sérieuse et empathique sur ces sujets.
- Maintien du statu quo et des inégalités : Il contribue à maintenir le statu quo et à empêcher l’adoption de mesures de soutien nécessaires, en faisant passer toute demande pour un privilège absurde plutôt qu’une correction d’inégalité.
- Fausse symétrie et coût financier : L’argument des “hémorroïdes douloureuses” est une tentative de créer une fausse symétrie entre un phénomène naturel sans impact financier ou de santé majeur et le coût récurrent et inévitable des protections périodiques.
Notre réponse :
Il est important de distinguer les phénomènes physiologiques normaux ou les petits désagréments du quotidien des réalités qui ont un impact significatif sur la santé, la dignité et la vie économique des individus. Les douleurs menstruelles peuvent être invalidantes et la précarité menstruelle est une réalité qui touche de nombreuses personnes. Ces enjeux ne sont pas comparables à des situations anecdotiques ou des blagues. La reconnaissance de ces défis et la mise en place de solutions (arrêt menstruel, gratuité des protections) ne sont pas des “privilèges” ou des “caprices”, mais des mesures concrètes pour garantir l’égalité, la santé et la dignité de chacune. L’humour peut être un outil puissant, mais lorsqu’il est utilisé pour minimiser la souffrance ou ridiculiser des revendications légitimes, il devient un obstacle au dialogue et au progrès social.
L’appel à la tradition ou au relativisme culturel
Exemples :


(à propos de la mise à disposition de protections périodiques gratuites)
Cet argument s’appuie sur le passé ou sur des contextes culturels éloignés pour invalider les avancées actuelles. Il sous-entend que si les générations précédentes ou d’autres cultures ont « fait avec » sans protections gratuites, alors la mesure actuelle est superflue ou un signe de « faiblesse » de la société moderne.
Pourquoi c’est problématique ?
- Minimisation des difficultés : Cet argument minimise les difficultés réelles rencontrées par les femmes dans le passé (manque d’hygiène, inconfort, infections, stigmatisation) ou par certaines populations aujourd’hui. « Faire avec » ne signifie pas « faire bien » ou « faire dignement ».
- Décontextualisation : Comparer la situation actuelle en France à celle de nos grand-mères ou des populations autochtones d’Amazonie est une décontextualisation flagrante. Les ressources, les connaissances, les attentes en matière de santé et de dignité, ainsi que les structures économiques et sociales sont totalement différentes.
- Déni de progrès : Ce commentaire refuse l’idée que la société puisse et doive progresser pour améliorer les conditions de vie de ses membres.
Notre réponse :
L’objectif de la gratuité des protections périodiques n’est pas de revenir en arrière ou de comparer nos modes de vie à ceux de populations aux réalités très différentes. Il s’agit au contraire de progresser en tant que société. Nos grand-mères ont souvent dû faire face à des conditions d’hygiène précaires, à des méthodes moins confortables et parfois dangereuses, et à une stigmatisation forte autour des menstruations. Le fait qu’elles aient « fait avec » ne signifie pas que c’était idéal ou que nous ne devrions pas chercher à améliorer la situation pour les générations actuelles et futures. La gratuité des protections est une avancée qui garantit plus de dignité, de santé et de confort. C’est une mesure moderne qui s’inscrit dans une démarche de justice sociale et de santé publique. Elle vise à garantir que personne ne soit entravé dans sa vie quotidienne, ses études ou son travail à cause d’un phénomène biologique naturel et inévitable. C’est une question de dignité et d’égalité, non de comparaison avec le passé ou d’autres cultures.
Les résistances institutionnelles ou logistiques
Exemple 1 :

Ces deux remarques, souvent entendues dans le contexte des établissements scolaires et universitaires, visent à remettre en question la légitimité de la mise à disposition gratuite de protections périodiques. Elles suggèrent que ce n’est pas le rôle de ces institutions ou que les dispositifs existants sont suffisants.
Pourquoi c’est problématique ?
- Vision étroite de la mission éducative : Limiter le rôle de l’enseignement secondaire (collèges, lycées) et supérieur (universités) à la seule transmission du savoir académique ignore leur rôle plus large dans le bien-être, la santé et l’inclusion de leurs étudiants. Des besoins physiologiques non satisfaits peuvent directement impacter la capacité des étudiantes à se concentrer, à suivre les cours et à réussir leurs études.
- Faux sentiment de suffisance : L’argument sur la gratuité en infirmerie crée l’illusion que le système actuel est adéquat, sans considérer les limites des infirmeries (horaires d’ouverture, disponibilité du personnel, gêne pour les élèves de demander, quantité limitée de protections).
- Ignorance des obstacles : Toutes les écoles n’ont pas d’infirmerie à temps plein, certains élèves peuvent être mal à l’aise de demander des protections, ou le besoin peut survenir en dehors des heures d’ouverture.
Notre réponse :
Le rôle des établissements éducatifs ne se limite pas à la transmission du savoir. Il inclut aussi la création d’un environnement propice à l’apprentissage et au bien-être de tout le monde. Assurer l’accès à des produits de santé de base, c’est lever un obstacle majeur à la concentration et à la participation, et c’est donc pleinement dans le rôle de ces institutions de garantir la réussite de leurs élèves et étudiantes. Si les infirmeries jouent un rôle important, elles ne peuvent pas répondre à tous les besoins. Leurs horaires sont limités, leur accès peut être perçu comme stigmatisant pour certains, et la quantité de protections disponibles est souvent insuffisante. Les distributeurs offrent une solution accessible, discrète et continue, permettant à chacun de gérer ses règles dignement et sans interruption de son parcours scolaire ou universitaire. En somme, cette initiative vise à lutter contre la précarité menstruelle, à réduire l’absentéisme lié aux règles et à promouvoir un environnement plus inclusif et respectueux des besoins de chacun.
Exemple 2 :

Cet argument sous-entend que la gestion des règles est une responsabilité individuelle simple et prévisible, et que toute difficulté à avoir des protections sur soi relève d’un manque d’organisation ou de prévoyance. Il ignore la réalité de la précarité menstruelle et les situations imprévues.
Pourquoi c’est problématique ?
- Individualisation du problème : Le problème de l’accès aux protections est ramené à la seule responsabilité de l’individu, niant les facteurs socio-économiques (coût des protections, budget limité) ou les situations imprévues (règles qui arrivent en avance, oubli, durée prolongée des règles).
- Manque d’empathie : Il ne prend pas en compte la diversité des situations vécues par les femmes, notamment celles qui n’ont pas les moyens d’acheter des protections en quantité suffisante ou qui se retrouvent prises au dépourvu.
- Rejet de la responsabilité collective : La conclusion implicite est que la société ou les institutions n’ont pas à intervenir pour un problème qui serait purement personnel et facilement gérable par chacun.
Notre réponse :
La mise à disposition de protections périodiques gratuites (serviettes et tampons notamment) dans les établissements publics et les entreprises n’est pas un luxe, mais une mesure essentielle pour garantir l’égalité, la dignité et l’accès à l’éducation pour tout le monde. Pour beaucoup, en raison de la précarité menstruelle (le coût des protections est un budget conséquent), d’un imprévu (règles qui arrivent plus tôt que prévu, oubli), ou simplement de la gêne, avoir des protections à disposition immédiate est crucial. Personne ne devrait avoir à choisir entre acheter de la nourriture et des protections, ou manquer des cours à cause de ses règles.
Exemple 3 :

Cette remarque prédit que la mise à disposition de protections périodiques gratuites conduira inévitablement à des comportements inciviques (vandalisme, vol) ou proposent une solution de compromis (prix minimum) qui remet en question le principe de la gratuité totale.
Pourquoi c’est problématique ?
- Prédiction de l’abus et du vandalisme : Elle généralise des comportements marginaux à l’ensemble des utilisateurs, sans preuve que cela se produirait spécifiquement avec les protections périodiques.
- Fausse analogie : La comparaison avec le papier toilette est limitée, car les protections ont un coût unitaire bien plus élevé et sont soumises à une précarité spécifique.
- Maintien d’une barrière financière : Proposer un « prix minimum » annulerait l’objectif de la gratuité, qui est de lutter contre la précarité menstruelle.
Notre réponse :
Le risque d’abus existe pour tout bien mis à disposition gratuitement. Cependant, ce risque ne doit pas occulter l’objectif principal de la mesure, qui est de répondre à un besoin fondamental. Des solutions peuvent être mises en place pour limiter ces dérives (distributeurs adaptés, sensibilisation). Il est important de ne pas généraliser des comportements marginaux et de ne pas pénaliser la majorité des personnes qui respectent les règles et ont un réel besoin. La gratuité est essentielle pour garantir un accès universel et lutter efficacement contre la précarité menstruelle.
A ce sujet, l’enquête réalisée par Sarah Pebayle, dans le cadre de son mémoire de recherche (Master en Santé Publique à l’Université Lyon 1), et Julien Masson (Université Lyon 2), sur l’impact des distributeurs de protections menstruelles sur le bien-être des étudiantes françaises, indique que :
“Sur les 424 étudiant.es (interrogé·es), (…) 214 étudiant.es ont accès aux distributeurs. Parmi les 214 étudiant.es y ayant accès, 50 % l’utilisent en dépannage, 6,1 % régulièrement et 1,9 % systématiquement. L’usage est le plus souvent immédiat (78,2 %). Parmi les 42 % d’étudiant.es qui n’utilisent pas le dispositif, 53,3 % disent ne pas en avoir besoin et 63,3 % disent laisser la priorité aux plus démuni.es.”
En somme, il apparaît inapproprié de prêter aux bénéficiaires des mesures contre la précarité menstruelle des intentions malhonnêtes. Une personne dans le besoin est généralement la mieux placée pour savoir ce que signifie la solidarité, et comprendre les enjeux qu’elle recouvre. Pour ce qui est du grand public, la sensibilisation aux règles et aux inégalités engendrées par le tabou permet de remédier à l’ignorance et de développer l’empathie à grande échelle.
Exemple 4 :

Ce commentaire exprime une méfiance implicite envers les personnes qui pourraient bénéficier de la mesure, suggérant qu’une proportion significative d’entre elles chercheraient à « profiter » du système. Il pose une question pratique (comment vérifier ?) non pas dans un esprit de recherche de solution, mais comme un obstacle insurmontable, visant à invalider la mesure elle-même. Il sous-entend que la souffrance doit être prouvée et validée par une autorité externe, plutôt que d’être prise en compte sur la base de la confiance et de la déclaration individuelle.
Pourquoi c’est problématique ?
- Stigmatisation et suspicion : Ce type de question stigmatise les femmes, les plaçant sous le soupçon de malhonnêteté.
- Découragement à demander de l’aide : Cela peut décourager celles qui souffrent réellement de demander de l’aide ou de se mettre en arrêt, par peur d’être jugées ou de devoir « prouver » leur douleur.
- Barrière à l’accès et charge administrative : Une vérification médicale lourde créerait une barrière significative à l’accès pour les personnes qui en ont le plus besoin, et une charge administrative considérable.
- Difficulté à prouver la douleur subjective : La douleur est subjective et difficile à « prouver » de manière objective sans examens invasifs et coûteux, non justifiés pour un arrêt de quelques jours.
Notre réponse :
La question de la confiance est centrale dans la mise en place de mesures sociales. Comme pour tout arrêt maladie, le principe de base est la confiance dans la déclaration de l’individu. Nous sommes les mieux placées pour évaluer l’impact de nos règles sur notre capacité à travailler. Exiger des preuves médicales systématiques pour chaque arrêt menstruel serait non seulement une charge administrative lourde et coûteuse, mais aussi une intrusion dans l’intimité et une stigmatisation des personnes concernées. L’objectif de l’arrêt menstruel est de soutenir les personnes qui souffrent, pas de créer un système de surveillance. Les abus sont rares et peuvent être gérés par les mécanismes de confiance et de dialogue existants au sein des entreprises, comme pour tout autre type d’absence.
L’individualisation d’un problème collectif et la culpabilisation
Exemple 1 :

Cet argument établit une comparaison fallacieuse entre des dépenses considérées comme « superflues » ou « choisies » (téléphones, tatouages, cigarettes) et l’achat de protections périodiques, qui sont une nécessité de santé. Il sous-entend que si les individus ont les moyens pour les premières, ils devraient aussi avoir les moyens pour les secondes, et que la demande de gratuité est donc injustifiée ou hypocrite.
Pourquoi c’est problématique ?
- Jugement moral et culpabilisation : Il juge les choix de consommation individuels et culpabilise les personnes concernées par la précarité menstruelle, les rendant responsables de leur situation.
- Méconnaissance de la précarité : Il ignore la complexité de la précarité menstruelle, qui n’est pas seulement une question de budget, mais aussi d’accès, de tabou, et de situations imprévues. Les personnes en situation de précarité ne sont pas nécessairement celles qui fréquentent les terrasses avec les derniers smartphones.
- Généralisation abusive : Il généralise à l’ensemble des personnes qui ont leurs règles des comportements de consommation qui ne sont pas représentatifs de leur réalité. De plus, elle minimise le coût réel des protections périodiques sur une année, qui est bien supérieur à quelques euros.
Notre réponse :
Ces remarques sont non seulement déconnectées de la réalité de la précarité menstruelle, mais elles sont aussi profondément injustes. Comparer l’achat de protections périodiques à des dépenses de loisir est une tentative de détourner l’attention du véritable problème : l’accès à des produits de santé de base est un droit fondamental, pas un luxe. Juger les choix de consommation des individus, souvent faits sous contrainte économique, ne fait que renforcer la stigmatisation et détourne l’attention du véritable enjeu : garantir la dignité et la santé de tout le monde. La précarité menstruelle est un problème systémique qui nécessite des solutions collectives, et non des jugements individuels. Il est temps de cesser de juger les choix personnels et de travailler ensemble sur la résolution d’un problème de santé publique et de justice sociale.
Exemple 2 :

Cette remarque vise à rappeler que la gratuité n’est jamais absolue et que le coût est in fine supporté par les contribuables. Elle cherche à créer une opposition entre les bénéficiaires de la gratuité et ceux qui la financent, sous-entendant que cette dépense est un fardeau injustifié pour la collectivité.
Pourquoi c’est problématique ?
- Appel au bon sens apparent : L’expression « Petit rappel » donne l’impression d’une vérité simple et évidente que d’autres ignoreraient volontairement, tentant de clore le débat.
- Diabolisation de l’impôt : En insistant sur le fait que c’est « l’argent des contribuables », la remarque associe la gratuité à une contrainte fiscale, sans mettre en perspective les bénéfices sociaux de cette dépense.
- Remise en question de la dépense sociale : La conclusion implicite est que toute dépense publique pour des biens ou services qui pourraient être achetés individuellement est discutable, niant le principe de solidarité.
Notre réponse :
Oui, toute dépense publique est financée par les contribuables. C’est le principe même de la solidarité nationale. L’impôt sert à financer des services essentiels pour le bien-être collectif, y compris l’éducation, la santé et la lutte contre les inégalités. Assurer l’accès aux protections périodiques, c’est investir dans la dignité, la santé et la réussite éducative, ce qui bénéficie à l’ensemble de la société. C’est un investissement dans la santé et la dignité, au même titre que l’accès à l’eau potable ou aux toilettes publiques.
Exemple 3 :

Ce commentaire tente de discréditer la nécessité de la gratuité des protections périodiques en la comparant à des situations de gêne personnelle ou en utilisant un langage vulgaire pour ridiculiser la demande.
Pourquoi c’est problématique ?
- Fausse analogie : La comparaison avec la diarrhée est inappropriée car les règles sont un phénomène biologique récurrent et naturel, tandis que la diarrhée est un symptôme ponctuel.
- Minimisation du problème : En ramenant la question à une simple gêne personnelle, le commentaire ignore les enjeux plus larges de la précarité menstruelle, de la dignité et de l’accès à l’éducation et au travail.
- Vulgarisation et déshumanisation : L’utilisation d’un langage vulgaire et de comparaisons choquantes vise à dévaloriser la légitimité de la demande et à déshumaniser l’expérience menstruelle.
Notre réponse :
La gestion des règles est une réalité biologique pour la moitié de la population mondiale. Contrairement à un épisode de diarrhée, les règles sont un phénomène cyclique et naturel qui nécessite une gestion continue et adaptée. La mise à disposition de protections périodiques gratuites n’est pas une question de « honte » ou de « vulgarité », mais une question de dignité, de santé publique et d’égalité. Comparer les règles à des problèmes de santé intestinale ou utiliser un langage vulgaire ne fait que renforcer les tabous et la stigmatisation qui entourent ce sujet. Il est essentiel de normaliser la discussion sur les règles et de reconnaître que l’accès gratuit à des protections périodiques saines est un droit fondamental.
Exemple 4 :

Cette remarque pose une définition arbitraire et exclusive de ce qu’est la « vraie écologie », excluant d’emblée les personnes qui n’utilisent pas certaines protections. Il s’agit d’un jugement moral qui vise à culpabiliser les personnes utilisant des protections jetables, sans prendre en compte les réalités individuelles, les contraintes économiques, l’accès aux alternatives ou les préférences personnelles. Cette rhétorique crée une division et une hiérarchie au sein des personnes soucieuses de l’environnement, plutôt que d’encourager une démarche inclusive et progressive.
Pourquoi c’est problématique ?
- Pression individuelle démesurée : Ce type de remarque met une pression démesurée sur l’individu, le rendant seul responsable de l’impact environnemental, alors que la problématique des déchets est aussi systémique. En matière de greenwashing, l’industrie des protections périodiques n’est pas en reste.
- Inadéquation des protections réutilisables pour tous : Les protections réutilisables ne conviennent pas à tout le monde en raison de facteurs tels que le coût initial élevé, le manque d’accès à l’eau propre ou à des installations de lavage adéquates, des problèmes de santé spécifiques, ou le confort personnel.
- Risque de découragement : En imposant une vision rigide de l’écologie, on risque de décourager les personnes qui ne peuvent pas adopter toutes les pratiques « idéales » et de les faire se sentir « pas assez bien ».
Notre réponse :
L’engagement écologique se manifeste de multiples façons, et chaque geste compte. Si les protections menstruelles réutilisables sont une excellente option pour réduire les déchets et sont à encourager, il est essentiel de reconnaître que leur utilisation n’est pas toujours possible ou adaptée à toutes les situations et à toutes les personnes. Le coût initial, l’accès à des infrastructures de lavage, des contraintes de santé ou de confort personnel sont des facteurs qui peuvent influencer le choix des protections. L’important est de faire le meilleur choix possible en fonction de ses propres circonstances, et non de juger les choix des autres. L’objectif est de réduire notre impact environnemental collectivement, et cela passe par l’information, l’accessibilité des alternatives et le soutien, plutôt que par la culpabilisation.
Le “Whataboutism” et les fausses équivalences
Exemple 1 :

Cette remarque tente de détourner la discussion sur les droits des femmes en introduisant une problématique masculine prétendument similaire, mais en réalité sans rapport. Elle crée une fausse équivalence entre des besoins physiologiques et des inégalités structurelles.
Pourquoi c’est problématique ?
- Minimisation des inégalités réelles : Ce commentaire vise à minimiser ou à nier les inégalités spécifiques que subissent les femmes en créant une « victime » masculine imaginaire.
- Diversion : Il détourne l’attention des problèmes réels et urgents liés aux droits des femmes et à la précarité menstruelle.
- Manque de pertinence : L’argument sur les besoins caloriques est sans pertinence dans le débat sur l’égalité des genres ou la précarité menstruelle.
Notre réponse :
Comparer les besoins liés aux règles à des questions d’apport calorique masculin est une tentative de diversion qui n’a pas sa place dans un débat sérieux sur l’égalité. Les droits des femmes et des hommes ne sont pas un jeu à somme nulle. Reconnaître et adresser les inégalités spécifiques que subissent les femmes, notamment en matière de santé menstruelle, ne diminue en rien les droits des hommes. Au contraire, une société plus juste et égalitaire pour tous bénéficie à l’ensemble de ses membres. Concentrons-nous sur les problèmes réels et les solutions concrètes pour construire un monde plus équitable.
Exemple 2 :

Ce commentaire crée une fausse dichotomie entre la revendication d’égalité et la reconnaissance de besoins spécifiques. Il sous-entend que toute mesure visant à corriger une inégalité ou à répondre à un besoin spécifique des femmes est un « traitement spécial » ou un « privilège » qui contredit l’égalité. Il ignore la distinction fondamentale entre l’égalité de traitement (traiter tout le monde de la même manière) et l’équité (traiter tout le monde de manière juste, en tenant compte des différences et des inégalités existantes pour atteindre un résultat égalitaire). L’égalité des genres ne signifie pas ignorer les différences biologiques ou les inégalités historiques et structurelles, mais plutôt s’assurer que ces différences ne conduisent pas à des désavantages ou à des discriminations.
Pourquoi c’est problématique ?
- Discréditation des mesures d’équité : Ce type de commentaire vise à discréditer les mesures d’équité en les présentant comme des privilèges injustifiés.
- Négation des désavantages et défis spécifiques : Il nie la réalité que les femmes partent avec un désavantage ou font face à des défis spécifiques (précarité menstruelle, douleurs invalidantes, plafond de verre, charge mentale, etc.).
- Opposition aux mesures ciblées pour l’égalité : Il s’oppose à l’idée que pour atteindre une véritable égalité, il est parfois nécessaire de mettre en place des mesures ciblées qui compensent des déséquilibres existants.
- Frein au progrès social : En caricaturant la demande d’égalité, il freine le progrès social et la mise en place de politiques plus justes et inclusives.
Notre réponse :
L’égalité des genres ne signifie pas traiter tout le monde de manière identique, mais de manière équitable. L’objectif est de garantir que chacun ait les mêmes chances et les mêmes droits, indépendamment de son genre. Parfois, pour atteindre cette égalité, il est nécessaire de reconnaître et de répondre à des besoins spécifiques ou de corriger des inégalités historiques. Par exemple, l’arrêt menstruel ou la gratuité des protections périodiques ne sont pas des “privilèges”, mais des mesures d’équité qui visent à compenser des réalités biologiques et des coûts que nous supportons, et qui peuvent impacter notre santé, notre dignité et notre participation à la vie sociale et professionnelle. L’équité, c’est donner à chacune ce dont elle a besoin pour réussir, afin que nous puissions tous atteindre le même point de départ.
Exemple 3 :

Ce commentaire utilise une liste de problèmes mondiaux graves (guerres, climat, faim) pour minimiser et discréditer la légitimité d’une revendication spécifique (l’arrêt menstruel). Il sous-entend que si des problèmes « plus importants » existent, alors les problèmes « moins importants » ne méritent pas d’attention ou de solution. Cette rhétorique crée une fausse dichotomie : soit on s’occupe des grands problèmes mondiaux, soit on s’occupe des problèmes spécifiques, alors qu’en réalité, la société est capable de gérer plusieurs enjeux simultanément.
Pourquoi c’est problématique ?
- Négation de la validité de la souffrance : Ce commentaire nie la validité de la souffrance et des besoins des personnes réglées en les comparant à des catastrophes mondiales.
- Tentative de faire taire les revendications : Il s’agit d’une tentative de faire taire les revendications en les rendant insignifiantes.
- Ignorance de l’importance de la justice sociale : Il ignore que la justice sociale et l’égalité des genres sont des composantes essentielles d’une société saine et stable.
- Obstruction à la discussion constructive : En exigeant une hiérarchie des problèmes, il empêche toute discussion constructive sur des sujets qui ont un impact quotidien significatif sur la vie de millions de personnes.
Notre réponse :
Il est vrai que le monde fait face à des défis immenses et complexes. Cependant, la capacité d’une société à progresser se mesure aussi à sa capacité à prendre en compte et à résoudre les problèmes qui affectent la vie quotidienne et la dignité de ses citoyennes et citoyens. Les douleurs menstruelles invalidantes sont une réalité pour de nombreuses personnes, impactant leur santé, leur productivité et leur bien-être. Reconnaître cette réalité et proposer des solutions comme l’arrêt menstruel n’est pas une distraction des “grands problèmes”, mais une étape vers une société plus juste et plus humaine. Nous pouvons et devons nous attaquer à la fois aux défis mondiaux et aux injustices qui touchent les individus au quotidien. L’un n’exclut pas l’autre.
En finir avec les préjugés : Vers une société plus juste et inclusive

Les mots ont un pouvoir immense, capable de construire comme de détruire. Face aux remarques problématiques concernant les règles, il est important de prendre conscience de l’impact de chaque commentaire, de chaque blague, de chaque affirmation lancée à la légère. Avant de poster, de partager ou même de penser, interrogeons-nous : cette parole est-elle constructive ? Est-elle respectueuse ? Contribue-t-elle à briser les tabous ou, au contraire, à les renforcer ? De même, en tant que récepteurs, ne prenons jamais pour argent comptant des propos qui perpétuent des stéréotypes ou minimisent une réalité vécue par la moitié de l’humanité. Cultivons l’esprit critique et le discernement, car c’est en questionnant et en choisissant nos mots avec soin que nous pourrons véritablement changer les mentalités et créer un environnement plus inclusif et bienveillant.
Chez Marguerite & cie, nous sommes profondément convaincues que la lutte contre les inégalités passe inévitablement par la déconstruction des tabous, et celui entourant les règles est l’un des plus persistants et des plus dommageables. C’est pourquoi nous nous engageons chaque jour à informer, à sensibiliser et à ouvrir le dialogue sur ce sujet essentiel. Nos actions et nos valeurs sont guidées par la volonté de briser le silence, de normaliser les discussions autour des règles et de permettre à chacune de vivre cette réalité corporelle sans honte ni gêne. En œuvrant ensemble pour une meilleure compréhension et une acceptation pleine et entière des règles, nous contribuons à bâtir une société plus juste, où les corps sont respectés et les expériences vécues reconnues.
Rappel important : cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle pour la recherche, la structuration et la rédaction initiale. Des personnes bien réelles, qui ont leurs règles, ont ensuite relu, enrichi, vérifié les données, corrigé les formulations, bu beaucoup de thé, de café (et aussi mangé quelques crêpes), peaufiné ce texte avec soin et engagement pour vous offrir un contenu de qualité, aligné avec les valeurs de Marguerite & Cie.
C’est l’heure du quiz !
Vous avez parcouru l’essentiel… mais avez-vous vraiment tout retenu sur les clichés sur les règles et comment y répondre avec tact ?
Pour aller plus loin sur le sujet des clichés autour des règles :
« Nos Outils » – Règles Élémentaires – Date non précisée
« Tabou des règles : Pourquoi le sang des menstruations est considéré comme « impur » et celui d’un martyr comme « héroïque » » – BBC News Afrique – 02/04/2023
Tabou des règles : « Je saigne, c’est tout » » – BBC News Afrique – 29/12/ 2021
« Malle « Lutte contre le tabou des règles – Précarité menstruelle » » – Centre Hubertine Auclert – 2021 (mis à jour le le 17/09/2024)
« Rapport parlementaire sur les menstruations des femmes » – Vie Publique – 04/03/2020
« Sportive : Briser le tabou des règles ! » – Tilt ! – 25/07/2024
« Comment les règles sont devenues taboues » – Le Monde – 12/12/2017
Crédit photo de couverture : Edouard CHASSAIGNE, Pexels



