Taxe rose : en quoi consiste cette inégalité des prix ?

par | 26 Sep 2024

Mis à jour le 11 décembre 2025

⏱️ Temps de lecture : 5 min

Deux rasoirs identiques, l’un rose avec étiquette de prix plus élevé, illustrant la taxe rose et l’inégalité des prix genrés - Marguerite & Cie

Fréquemment observée sur un grand nombre de produits, la taxe rose est une taxe encore aujourd’hui largement appliquée par de nombreuses marques. Un phénomène qui n’a de cesse d’être critiqué et qui continue pourtant d’être utilisé. 

Alors en quoi consiste la taxe rose ? Quels sont les produits concernés ? Comment lutter contre les prix élevés des produits genrés pour femmes ?

La taxe rose, qu’est-ce que c’est ?

Ce que l’on appelle la taxe rose est une différence de prix entre les produits et services genrés comme « féminins » et ceux genrés comme « masculins ». 

En anglais, cette taxe est aussi nommée « pink tax », ou encore « woman tax ». De nombreux articles sont ainsi « féminisés », le plus souvent grâce à des moyens marketing et leur coût devient alors plus élevé. Dès lors, on constate que les prix des produits présentés comme masculins sont plus abordables que leur équivalent « féminin ».

Des produits du quotidien deviennent ainsi des produits chers simplement à cause d’une stratégie marketing qui repose sur le fait de proposer des prix plus élevés aux femmes… C’est ce que l’on appelle le marketing de genre.

Quels sont les produits concernés ?

La taxe rose concerne un très grand nombre de produits. On retrouve notamment des produits de beauté et d’hygiène tels que :

    • Les déodorants
    • Les shampoings
    • Les rasoirs
    • Les dentifrices
    • Les gels douche
    • Les brosses à dents
    • Etc.

    Elle peut également concerner les vêtements et les articles pour enfants comme les jouets par exemple. On peut aussi évoquer certains services comme une coupe de cheveux dans un salon de coiffure. Des produits identiques auront parfois un grand écart de prix. Les produits chers auront alors pour seule différence un packaging dit « pour femme », soit le plus souvent avec un coloris rose. Rien ne justifie qu’un rasoir rose coûte plus cher qu’un rasoir bleu.

    Le cas particulier des protections périodiques

    En France, la grande majorité des produits vendus dans le commerce se voient appliquer une TVA de 20 %. Il y a une exception qui est appliquée aux produits de première nécessité et qui leur permet de bénéficier d’une TVA à 5,5 %, ce qui permet de faire en sorte que certains produits chers et indispensables soient moins onéreux.

    En France, ce n’est que depuis 2015 que la TVA sur les protections périodiques est passée de 20 à 5,5 %. Le fait que ces produits ne soient toujours pas gratuits alimente l’inégalité économique qu’il existe entre les femmes et les hommes, entre les personnes qui ont leurs règles et les autres.

    Comment lutter contre la taxe rose ?

    Difficile de lutter contre la taxe rose puisque tout est mis en œuvre pour que la clientèle ne se rende pas compte de sa mise en œuvre (en séparant les articles « pour hommes » et « pour femmes » afin d’éviter la comparaison, par exemple). 

    Cette pratique est dénoncée sur les réseaux sociaux. En 2014, le collectif Georgette Sand avait mis en œuvre une pétition pour faire cesser cette pratique dans les magasins Monoprix. Aujourd’hui, il existe le compte instagram @pepitesexiste qui recense de très nombreux cas de taxe rose et interpelle les marques concernées. Le but est d’informer sur l’existence de cette pratique afin que tout le monde puisse y porter une attention particulière et ainsi, se détourner des marques qui l’utilisent.

    L’impact des protections menstruelles dans la lutte contre la taxe rose

    Un aspect souvent négligé du débat sur la taxe rose : nos protections.   Source de dépense incontournable elles peuvent représenter jusqu’à 5 % du budget d’une femme .  Marguerite & Cie installe des distributeurs de protections périodiques, dans des espaces publics et privés pour démocratiser l’accès à des protections saines et biodégradables, tout en contribuant à réduire les inégalités économiques liées à ces dépenses. 

     

    C’est l’heure du quiz !

    Vous avez parcouru l’essentiel… mais avez-vous vraiment tout retenu sur la taxe rose ?

    Pour aller plus loin sur le sujet de la taxe rose :

    « Esprit Pratique : Taxe rose et le marketing genré » – France Inter – 8 mars 2024

    « La taxe rose ou le sexisme dans le marketing » – Brut – 7 septembre février 2022

    « La Woman Tax : pourquoi les femmes payent plus cher ? » – J++ – 25 juin 2020

    « Taxe rose : le luxe aussi fait payer les femmes plus cher » – Le Monde – 13 avril 2016

    Crédit photo de couverture : getty images/istockphoto

     

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